Toujours aussi créatif, Laurent de Wilde sera en tournée en 2011 et sur la saison à venir :
- Trio jazz Piano/basse/batterie Nouvel album pour avril 2012 Initialement prévu à New York l'enregistrement du prochain trio acoustique de Laurent (6 ans après la sortie de l'album "The Present" !) se fera à Paris avec le soutien inestimable de l'ADAMI et du FCM. Ce seront donc Ira Coleman à la contrebasse et Clarence Penn à la batterie qui traverseront l'Atlantique pour goûter les douceurs légendaires de l'hiver parisien. Deux concerts au Duc des Lombards leur permettront de tester la musique en live avant de s'enfermer en studio pour y enregistrer un nouveau répertoire très rythmique, louchant sur l'afro-beat comme sur l'électro, sans oublier les inévitables blues et ballades… avec en invités surprise Jérôme Regard et Laurent Robin qui viendront doubler la rythmique pour un ou deux titres, méga-groove garanti !
A noter également en tournée au printemps 2012 le nouveau projet : "Gamblin jazze, de Wilde sextete" Laurent de Wilde/Jacques Gambin Création au festival Jazz sous les Pommiers 2011 de Coutances Vidéo de présentation ICI Interview Jazz Mag/Jazzman ICI
FLY !
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Voici donc le deuxième volume des expériences musicales de Laurent de Wilde et Otisto 23. Cette fois-ci, il leur est poussé des ailes.
Reprenons rapidement le prédicat : un piano, un ordinateur. Laurent produit des sons sur son instrument, clavier bien sûr, mais aussi cordes, feutres, bois, métal, tout ce qui se gratte, se frotte, se tape, pour fournir une matière infiniment variée qu'Otisto enregistre dans son ordi à la volée, puis boucle, traite et maltraite avant de les renvoyer à Laurent, qui réagit avec de nouveaux sons, et ainsi de suite, construisant la musique en avançant.
Enrichis par leur premier album PC Pieces, de Wilde et Otisto s'envolent donc vers la liberté acquise par l'expérience de la scène et du studio. Plus intuitive, leur musique embrasse désormais plus de piano et plus d'électronique, qu'il s'agisse d'un Lost où la longue cadence répétée au piano s'aventure dans les filtres vivants de la machine, ou d'un B Flat Seven où une note, un si bémol, sert d'unique source à une longue épopée technoïde en sept temps. Les titres se succèdent, révélant un ordinateur réactif, mobile, dépendant, et un piano toujours économe et inspiré.
De cette rencontre naît une musique profondément organique, un dialogue d'artistes qui déploient leurs antennes pour coller au plus près de cette conversation qui parfois se densifie en une boule de son pur ou s'affine jusqu'à se déstructurer en fines pattes de mouches.
Les mouches, justement, très présentes dan cet enregistrement. Un troupeau de vaches, transhumant près du studio champêtre de La Fabrique où cet album a été enregistré, voyageait en effet avec sa propre colonie d'insectes qui eurent vite fait d'investir la pièce où travaillaient les deux musiciens. Leur rendant hommage avec le titre Eau de Mouche n°5, ils ont vite compris que ces diptères par leurs incessantes vibrations étaient en train d'influencer tout leur répertoire.
Véritable hymne à l'envol, ce FLY ! nous invite à écouter en nous ce qui échappe à la pesanteur, ce qui rêve de s'élever plus haut dans un bruissement d'ailes, porté par la conversation intime et précieuse de la musique avec elle-même.
Un projet qui fait mouche
The Present
Electrisé par ses récentes explorations musicales, Laurent de Wilde revient avec gourmandise à sa formation fétiche, le trio.
Reprenant la piste là où il l'avait laissée au siècle dernier avec Spoon-A-Rythm, Laurent insuffle dans son jazz acoustique une généreuse maturité qui évolue sans peine d'un intimisme lyrique en aérienne suspension à des groove sans concessions.
Ses compagnons Laurent Robin (Michel Jonasz, Hymne au Soleil, Michel Portal) et Darryl Hall (Hank Jones, Geri Allen, Baptiste Trotignon), d'une grande ouverture musicale, sont les parfaits complices de ce véritable projet de groupe, original et fécond. Autant cadeau qu’ hymne au jazz d’aujourd’hui, l’album s’appelle : The Present (Nocturne).
Restée en suspens durant ses récentes explorations électroniques, cette formation fétiche était attendue avec impatience par ses amateurs de jazz acoustique.
Des années ont passé, et trois albums électro, depuis Spoon-a-Rythm et les Victoires de la Musique. De longues heures passées devant les ordinateurs, samplers et autres claviers, qui ont contraint Laurent à aborder la musique sous un angle différent.
Enrichi de cette expérience, il insuffle aujourd'hui à son nouveau trio une chaleur et une liberté profondément originales.
Tout d'abord en reprenant des titres de son répertoire électro, The Present et Move On, et en les transfigurant dans un univers purement acoustique. Le résultat est surprenant tant ces titres semblent avoir été écrits pour un trio : ils évoluent sans peine d'un intimisme mélodique en aérienne suspension à des grooves sans concessions qui rappellent combien une telle formation peut être souple et vivante.
Laurent n'oublie pas non plus ceux qui l'ont ouvert à d'autres horizons musicaux, et offre avec One for Ernie un coup de chapeau au guitariste Ernest Ranglin, véritable fondateur du reggae jamaïcain, qui l'accueillit quelques temps dans son groupe.
Mais c'est sans doute avec Quiet - Not Quite que le trio se lance dans son aventure la plus profonde, en entonnant cet hymne nostalgique, puis en le démontant pièce par pièce pour le retrouver enfin dans sa simplicité originale. En contrepoint, Up And Down propose une alternance malicieuse entre une mélodie de deux notes toute en retenue et une impérieuse explosion rythmique.
Cerise sur le gâteau, à la rythmique inspirée et profonde de Laurent Robin (Michel Jonasz, Hymne au Soleil, Michel Portal) et DarrylHall (Hank Jones, Geri Allen, Baptiste Trotignon), s'invite pour deux titres (Fleurette Africaine, très africaine et The Club, très européen) l'ancien compère de Laurent de passage à Paris le soir même au New Morning, Dion Parson, dont la complémentarité avec le jeu de Robin révèle un trésor de finesse et de musicalité.
En clôture de l'album, un blues très lent, Late Late Blues, nous fait entendre en toute quiétude le son intime et vrai de cette session, sans réverbération ni artifices, qui donne à l'auditeur l'impression d'être assis en studio juste derrière le pianiste.
On entend de tout dans cet album : du groove, du blues, du reggae, du swing, du free, mais jamais le trio ne quitte cette unique et compacte sonorité qui habite chacun de ses élans. Authentique trio d'un jazz d'aujourd'hui ouvert au monde et curieux de tout, l'orchestre de Laurent semble illustrer les paroles qu'écrivait la poétesse Dana Bryant pour The Present il y a quelques années :
"Yesterday is history, tomorrow is a mistery. But today is a gift. That's why they call it : The Present
(Hier, c'est l'Histoire, et demain est un mystère. Mais aujourd'hui est un cadeau. C'est pour çà qu'on l'appelle : le Présent)